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Üzeyir Lokman ÇAYCI

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mes poèmes


IL MIO GIUDIZIO
(PROCESSO)

Mi hanno processato
davanti ai fiori
I fiori si sono uccisi
I giorni hanno parlato.
L'accusa ha perforato i miei occhi
Ho gridato la mia innocenza
Essi non mi hanno creduto.

Lo so
I fiori pensavano a
qualcosa
Le notti mi sono testimoni
Io li ho supplicati di
ascoltare
Le dichiarazioni delle stelle
Essi non mi hanno creduto.

Nella profondità delle notti
Il mio cuore si è sentito
accerchiato
Io mi sono lasciato trasportare
Dall'oscurità
Che ha bendato i miei occhi.
La solitudine era piantata nel
miocuore
Non sono riuscito a spiegare
Che non avevo nessuno
Essi non mi hanno creduto.

Mi hanno processato
davanti ai fiori
Hanno legato le notti
Alle mie braccia
E mi hanno esiliato nel buio
Tutto solo.

Ho gridato la mia innocenza
Essi non mi hanno creduto.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
tradotto da : M.Eleonora Forno

VER DE POMME

A l'intérieur de la pomme
Le ver grignote la blancheur
Pour atteindre
Le noyau de la vie...

Pendant qu'il sursaute
Dans l'obscurité
Comme un nouveau-né.
Il suce la saveur... le sel
De la nature.

Au magma de la bassesse
Les laves débordent
Sur son égoïsme...
Il dort... il se réveille
Rien ne change
Il reste avec la saveur
Au noyau de temps...

Il tisse une toile avec son masque
Pendant qu'il s'épuise
Dans les fossés qu'il a creusés...
Les jeux
Sinueux
Restent dans son oeil noir...
Lorsqu'il enlace le vert
De la pomme...
Sonne soleil se couche
Lui, il se cache...

Son essence se putréfie
Dans son estomac
Plein de graines carbonisées
Des murs qu'il a construits
Les pierres tombent une à une...
Et finalement lui,
Reste à découverte.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Magnanville, le 26.05.2000
Traduit par : Yakup YURT



AMI, TU N'ES PAS COUPABLE

Ami, tu n'es pas coupable
Les coupables sont les soirs
Qui te traînent dans cette obscurité...
Ne te chagrine pas
Les souffrances des jours perdus
Passent vite.
Tes yeux ont appris à aimer
De toute façon
Apprendre aussi à oublier
Toutes les souffrances...

Oublie ces yeux qui t'ont conduit
Dans les guinguettes
Ne crois pas à la culpabilité
De tes regards moins perçants
Qu'autrefois
Parce que tu n'es pas coupable, ami
Les coupables sont les espoirs
Qui te laissent dans l'ombre.
A quoi bon de t'énerver
Même s'ils ne comprennent pas
Les poèmes oubliés
Dans tes yeux hagards ?...

Tu es seul dans un au-delà inconnu
Tes yeux sont aussi tout seuls...
Tu n'es pas coupable, ami...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traduit par : Yakup YURT



AMITIE AVEC LES PHOTOS

Fais les dessins
D'un ami
D'un camarade
D'un voisin
Et place-les au coin principal...

Ne fais pas de compte profils et pertes
Efface de ta mémoire
Les mots
Tels qu'intérêt, hargne, trahison...
Colorie, décore,
Encadre...les
Pends..les à la plus belle place
De ton foyer...

Tant qu'ils sont là
Dors sans peur
Sans crainte...

Tu verras
Que ton amitié
Avec les couleurs en fête
Et les lignes sincères
Ne te décevras pas.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Paris, le 03.03.1999
Traduit par : Yakup YURT



AVEC ET SANS FUTUR

Mes espoirs menottés
Dans le ciel
Effacent les éclaircis d'espoir...

Tel un squelette
Avec et sans futur
Tu restes suspendue
Dans mes yeux...

Les rires aux éclats chargés de feu
Sont marqués à mes paupières
Avec la nostalgie d'un jour à saisir...
A un moment où je ne puis penser
Avec et sans futur
Les branches restent sans feuillage.

Par un changement transparent des autres jours
Avec et sans futur
Je ne sais pas depuis combien de soirs
Je suis battu par ton absence
Aux tables de jeux du hasard sans personne?..

Avec et sans futur
L'obscurité tend son piège
Les espoirs affamés m'attrapent
Et... on passe à mes poignets
Les menottes d'une vie sans toi !

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Le 7 décembre 1976
Traduit par Yakup YURT



BALAYEUR, MON FRERE

Frère balayeur,
Ne balais pas les espoirs
Tombés dans les rues...
Tu sais,
Les larmes ne salissent pas
Les avenues...

La plupart du temps
Les chagrins
Restent à l'intérieur
Des gens...
Tu ne peux pas savoir
Leurs sentiments
Qui ne quittent pas chez eux...

Les poubelles
Que tu vides
Depuis des années
Sont témoins de tes sentiments...
Que ceux qui ne pensent
Qu'à leur estomac
Ne te chagrinent pas...

Frère balayeur,
Surtout, ne comprends pas mal
Mes paroles...
Mon but,
N'est pas de t'humilier...
Il n'y a aucune différence
Entre toi et moi...

Frère balayeur,
Ne balais pas les espoirs
Tombés dans les rues...
Tu sais,
Les larmes ne salissent pas
Les avenues...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Paris, le 10.05.1999
Traduit par : Yakup YURT



DEMAIN LE SOLEIL
NAÎTRA POUR NOUS

Ne prends pas froid au carrefour
Des froideurs...
Raconte la forme
Des garde-fous
Tant que ta langue tourne...
De toute façon.
Demain le soleil
Naîtra pour nous...

Comment rester insensible
A ce qu'on t'a fait subir?
Comme vivre la nuit,
Dans la clarté du jour...
Nous savons qu'en tous cas
La gaine des grossièretés
Est prête...
Demain le soleil
Naîtra pour nous...

Même si ton labeur fait briller
Les versants noircis...
On ne sait pas,
Si tu existes...
Ou non parmi eux ?
Nous savons,
Leur but
Et de te mépriser...
Laisse...ne t'en fais pas
Tout ce qui est arrivé...
De tout façon
Demain le soleil
Naîtra pour nous...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Magnanville, Le 16.03 .2000
Traduit par : Yakup YURT



CHAQUE FOIS QUE JE LEVE MA TETE

Chaque fois que je lève ma tête
Vers le ciel...
Les oiseaux en vol me viennent à l'esprit...

Les fêtes
Les noces traversent ma mémoire...
Mes mains semblent
Se tendre
Aux roses
Ou bien au miel d'abeilles...

Chaque fois que je lève ma tête
Vers le ciel...
Les roses qui se fanent,
Les yeux en pleur me viennent à l'esprit...

Je cherche
Le passé dans les rues désertes...
Les caravanes,
Les promenades traversent ma mémoire
Mes mains semblent
Se tendre
Au tournesol
Ou bien à la branche du saule...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traduit par : Yakup YURT



C'EST L'EPOQUE DES CONCOMBRES

Je l'ai toujours dit :
« Une porte que quatre personne n'ont pu ouvrir...
Un chien l'ouvre
Avec le bout de son nez
Et s'en va...»
Personne
Ne s'en étonne...
C'est l'époque des concombres...

La machine
Lave le lige,
L'homme ne trouve pas le temps
De se laver...
Dans certaines têtes chauves
Se trouve tout
Hormis les poils
Mais
Il n'y a pas d'humanité...

Dans les châteaux
Les vers à bois,
Et non les sultans,
Vivent comme des rois
Personne
Ne s'en étonne...
C'est l'époque des concombres...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traduit par : Yakup YURT



JE VEUX CONNAITRE LES GENS

Emmène-moi là-bas avec tes mains
Au moment où les peines familières
Gazouillent
Dans ces rues désertes
Je veux connaître les gens.

Avant que l'obscurité ne couvre
Et la fumée n'entoure
Mes yeux
Je veux connaître les gens.

Les gens d'une ville oubliée
Sont sur le point d'être enterrés
Dans les ténèbres
Ne reste pas là
Réveille les étoiles...

Emmène-moi là-bas avec tes mains
Je veux connaître les gens.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traduit par : Yakup YURT



AIMEZ VOUS LES UNS LES AUTRES
LES ENFANTS

Aujourd'hui comme hier
Le temps passe vite
De toute manière
Pensez aux lendemains...
Que les douleurs ne pénètrent, votre monde,
Travaillez, efforçez-vous
Pour devenir des hommes...

Que les incertitudes
Ne vous emportent pas
A leur suite...
Aimez
Votre maître d'école
Qui vous indique le chemin...
Comme votre mère,
Comme votre père...

Que l'amitié soit règle de vie
Et l'amour mot de passe
Aimez-vous
Les uns les autres
Les enfants.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Paris, le 02.02.2001
Traduit par Yakup YURT



A MINUIT

Toutes les couleurs paraissent noir
Dans l'obscurité...
On dirait qu'elles se cachent
Les fleurs,
Les verdures.
Les mots, les phrases
Gardent le silence.

Nous ne pouvons pas tenir les mains
Des enfants abandonnés...
Les murs, les portes
Restent insensés.

Les sentiments
Sont cadnassés aux désespoirs.
On ne parle pas du nom
Des oiseaux...
Les rues, les villes
Deviennent désertes.

On n'entend que la voix
De la pluie...
On n'a peur du ruissellement
Des eaux...
Nos souvenirs sont emportés
Par les vents
Loin de nous...
Les toitures
Restent sans tuiles.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Paris, le 27.12.1999

AVEC MOÏSE MARCE...

Il était une fois
Nous étions à la recherche d'amour
Et de beautés...
Nous n'avions aucune passion...
Nous ne pensions pas non plus
Ni à chanter, ni à danser
Dans les cimes...
Depuis ce temps-là
Nous ne sommes l'enfant
Non des ténèbres
Mais des clartés...
Nous savions
Que le vent ne souffle pas
Toujours du même côté...
Que les nuages sombres
N'étaient pas que pour nous...
Il était une fois
Nous étions à la recherche d'amour
Et de beautés...
Il y avait en nous
Fraternité et humanité,
Et un monde limpide
En dehors de nous...
Depuis ce temps-là
Nous ne sommes l'enfant
Non des ténèbres
Mais des clartés...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traduit par : Yakup YURT


DANSES MARTIALES

On vit une époque bizarre mon frère
Ces gens-là gagnent de l'argent en occupant
Avec des danses martiales...
Ne vois-tu pas les bombardements
Et les pillages ?
Tu crèves à essayer de gagner quelques sous...
De nos jours
La sueur de ton front ne sert pas à grand-chose !
Des tanks venus de pays lointains
Passent dans tes rues
Et ils te demandent la raison de ta naissance !
Et tu ne peux rien dire...
Bientôt ce sera le tour des cours de droit
D'être supprimés dans les écoles
Si cela continue ainsi.

On parlait des droits de l'homme par ci par là
Toi, ne crois pas à ces rumeurs !
Tu vois que rien n'est à sa place en ce moment !

On vit une époque bizarre mon frère
Les marchands d'armes
Les secteurs de la construction
Gouvernent les pays
Est-ce si difficile à comprendre ?
Ils vendront leurs produits par la guerre !

Viens écouter mes quelques conseils !
Ne te marie pas pour n'avoir point à supporter
Le chagrin du massacre de tes enfants
La bonne marche de leurs affaires a besoin
De produire des ennemis fictifs à menacer...
Par cette voie, ils s'approprient les petits pays
Les uns après les autres sous prétexte de les "sauver".
Pendant que vous vous battrez entre vous
Ceux-là consommeront vos ressources souterraines.

Que devrais-je vous dire
Au moment où le passé s'installe
Douloureusement dans vos coeurs ?
Soyez compréhensifs un tout petit peu !
Augmentez la dose des guerres fratricides
Divisez encore plus vos peuples
Pour faciliter la vie à ces gens-là !
N'oubliez pas que l'intérêt tue l'amour
Ils ne demandent qu'une seule chose :
Vivre dans une société sans amour
Et sans instruction aucune...
Vivre dans la clarté ou l'obscurité
Ne dépend que de vous !
Le soleil se lève et se couche à temps...
On égorge les coqs chantant avant l'heure !

On vit une époque bizarre mon frère
Ces gens-là gagnent de l'argent en occupant
Avec des danses martiales...
Ne vois-tu pas les bombardements
Et les pillages ?

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Paris, le 17 mars 2003
Traduit par Yakup YURT


UN MONDE DANS UN BOCAL

Un décombre dans un bocal
Les jeux sont transparents
Tel le verre...
Eux ils marchent
Comme des araignées
En se penchant vers le bas...

Plongé dans la haine jusqu'aux genoux
Ce n'est pas la porte
On dirait qu'un couvercle
Couvre l'amour...
Son cheminement frisé n'a pas suffi
Vers quelque part...
Il a fait peur
A lui tout seul
Aux roses grandissantes...

Dans les bas quartiers
Des camions bruyants...
Des hommes armés de pistolets
Ressemblant à des statuts...
La peur est une obsession
Aux yeux de l'oiseau affamé...
L'amour est une torture
Sur la terre...

Le temps
Une crainte fondant à table ;
La justice est chassieuse...
L'égalité une rose artificielle
Aux mains du misérable...
La fraternité un rêve vide
Pour le pauvre...

La légende de l'obscur
Les mains ensanglantées du train...
L'incendie... le séisme
Et les larmes sont matière première
En matière de justice...

Un décombre dans un bocal
Les jeux sont transparents
Tel le verre...
Eux ils marchent,
Comme des araignées
En se penchant vers le bas...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Mantes la Ville, le 15.05.2001
Traduit par : Yakup YURT


EMPORTEMENT

Elle était une femme...

Avec des sentiments surannés
Elle cherchait du bonheur
Sous un tissu d'un mètre...

On dirait qu'elle avait laissé de côté
Sa consommation du temps
Son absence d'amour humain.
Elle avançait
Vers les ravins
Ses yeux fermés
En bouchant ses oreilles
Aux potins à suivre
Derrière elle...

On avait l'impression
Que des désirs féminins
L'emportaient dans l'inconnue.

Et pourtant le temps
Avait fondu tant de fers
Et avait métallisé tant de coeurs...
Mais elle n'en savait rien.

Lors de son emportement
Les spectateurs savaient bien
Respirer
Et garder les secrets...

Elle a disparu dans l'obscurité
En laissant des traces souillées
Dans la clarté.

Après elle,
Une histoire d'emportement
A été racontée longuement...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Monfermeil, 1995
Traduit par : Yakup YURT


VERME DELLA MELA

All'interno della mela
il verme rosicchia il candore
per conseguire
l'essenza della vita.

Mentre sobbalza,
nell'oscurità,
come un neonato
succhia il sapore;
l'essenza della natura.

Nel magma della bassezza
straripano le lave
sopra il suo egoismo.
Lui dorme, si risveglia
e niente cambia;
resta con il sapore
nell'essenza dei tempi.

Tesse una tela, con la sua maschera,
mentre si affatica
nelle fosse scavate.
Sinuosi
giochi
restano nel suo occhio nero
quando avvinghia della mela
il verde.
Sente il sole e si addormenta,
lui si nasconde.

La sua natura si putrefà
dentro il proprio stomaco,
ricolmo di semi carbonizzati.
Dei muri che ha costruito
cadono una ad una le pietre
e lui, finalmente,
resta allo scoperto.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Magnanville - 26.05.2000
La poesia pubblicata è stata tradotta da Yakup YURT ;
la traduzione dal francese all' italiano è stata
realizzata dal poeta Enrico PIETRANGELI


J'ETAIS PETIT, TOUT PETIT

J'étais petit
Tout petit
On a planté une rose dans ma main
Que j'ai cultivée dans mon coeur...

Maman m'a apporté de l'amour
Que mes regards
Ont transmis
A mon père.

Dans les écoles
J'ai eu des copains de classe
Et aussi des enseignants...
Qui m'ont permis d'apprendre
A lire, à écrire et à apprendre
Avant d'accéder à l'information.

J'ai aimé les oiseaux
Je me suis entendu avec les fleurs...
J'étais un bon ami
Des crayons et des livres...

J'ai souvent dessiné
Mon milieu de vie...
J'ai été un défenseur actif
De l'équilibre écologique.

J'étais petit
Tout petit
On a planté une rose dans ma main
Que j'ai cultivée dans mon coeur...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Mantes la Ville, le 14.04.2004
Traduit du turc par Yakup YURT

LA VALLEE DES COUPABLES

Dans la vallée des coupables
Sois patient
Reste planté sur tes jambes
Pour être frappé
Par les arrivants et les partants...
Ne regarde jamais derrière toi
Que chacun voie
La coiffure de ta nuque.

Dans la vallée des coupables
Pendant que les insultes fusent
Ne dis rien surtout
Fais comme le rossignol qui a mangé une mûre
Alors que l'humain se déprécie
La chereté du bout de ton nez
Ne doit pas avoir d'impact sur ton esprit.

Sache que c'est ta langue qui brûlé si tu manges piquant
Et c'est ton coeur qui brûle si tu parles amèrement.
Avant tout
Oublie ta mère... et ton père.
Pas nécessaire de t'inquiéter de leur sort
Qu'ils soient affaiblis physiquement
Ou qu'ils traînent par terre
Ne dis rien
Laisse tomber...
Laisse tes efforts s'effondrer
Laisse le mât se renverser...

Continue ton chemin mine de rien
Si tu vois un ami tombé...
Surtout pas de sentiment
Pas de pitié
Et si tu as envie donne-lui un autre coup de pied...
Sais-tu que personne ne pense à toi en ce moment ?
Si tu croises un gros dindon sur ton chemin
Egorge-le sans rien dire à personne et mange-le !
Pas de panique, reste tranquille
Reste assis là où tu es bien caché !
De toute façon
Tu es dans la vallée des coupables.

Tu seras mal vu si tu travailles beaucoup
Tu seras chassé si tu dis la vérité
Tu seras écrasé
Si tu pars sur les chemins de l'amour
Tu seras battu de diverses manières
Si tu résistes à la tyrannie
Tu sais
Que ce ne sont pas là des choses à négliger...
De toute façon
Tu es dans la vallée des coupables
Sois impitoyable !
Tu sais qu'on parle de l'intégration à sens unique
Qu'au moins ta carte d'identité soit comme la leur.
On te le demande avec insistance.

Si malgré tout tu n'aimes pas
Tout ce que je viens de dire
Fais ce que tu veux, agis selon tes envies
Tant par la force que par faits accomplis
Sait-on jamais
Peut-être seras-tu accepté !

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Paris, le 04.11.2004
Traduit du turc par Yakup YURT ©

NE PASSE PAS PAR LES LIEUX QUE J'AI FREQUENTES

Ne sens surtout pas mes fleurs
N'étains pas mes espoirs
De grâce
Ne tends pas tes mains glacées
Vers mon feu...

Ne touche pas à mes nuits pleines de nostalgie
Par pitié à mes étoiles!
Ne fais pas souffrir mes chansons
Va-t'en du devant de mes yeux.
De grâce
Ne passe pas par les lieux que j'ai fréquentés.

Laisse-moi seul
Ne te mêle pas de mes pensées
Tiens-toi éloigné de mes sentiments
De grâce
Quitte enfin mes poèmes
Ne passe pas par les lieux que j'ai fréquentés.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Ankara, le 12.01.1980
Traduit du turc par Yakup YURT ©
Bruxelles, le 15.12.2005



J'AI ECRIT MES POEMES AVEC MON COEUR

J'ai écrit avec mon coeur
Mes poèmes
J'ai flâné à l'étranger

Avec mes manuscrits...
J'ai tracé mes attentes
Dans mes dessins
Les avalanches de souffrance
M'ont écrasé.

J'ai pris les années
Sur mon dos
J'ai gardé les secrets
Dans ma mémoire
Souvent je n'ai pu terminer
Les voyages...

J'ai été mis indisposé
Par les hypocrites
Devant mes yeux
Les mères ont accouché
De larmes
Les orphelins et les esseulés
Ont distribué des chagrins.

J'ai écrit avec mon coeur
Mes poèmes
J'ai flâné à l'étranger
Avec mes manuscrits...
J'ai tracé mes attentes
Dans mes dessins
Les avalanches de souffrance
M'ont écrasé.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Rueil Malmaison, le 10.12.2005
Traduit du turc par Yakup YURT ©
Bruxelles, 15.12.2005

Je ne puis te dire "reste dans une nuit"

Quand tu t'ennuies
Va au bord de la Seine
Sois l'ami des cygnes
Divise un pain en morceaux
Pour ensuite leur jeter!

Ne t'occupe pas des expéditeurs
Des lettres en ton for intérieur
En dansant vers le nord
Contemple les bouteilles
Emportées par les flux...

Ne te mets jamais
À la place d'autrui
Ne sois surtout pas pareil aux autres
Reste comme tu es...
Que l'art contenu en toi se développe
Je ne puis te dire "reste dans une nuit".

Impose ton existence
Comme une rose
Dans la page d'une société
Dans le miroir d'une page
Et au milieu d'un miroir
Je ne puis te dire "reste dans une nuit".

Fais semblant de ne pas voir
Les vents froids qui passent
À côté de toi
Bois le soleil
Chasse tes tristesses
Brûle les chagrins l'un après l'autre...
Je ne puis te dire "reste dans une nuit".

Ne crois guère ce que tu entends
Pèse tout ce que tu vois
Révise tout ce que tu as appris
Ne parle qu'à ceux que tu aimes
De tes sentiments
Je ne puis te dire "reste dans une nuit".

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Bruxelles, le 05.11.2005
Traduit du turc par Yakup YURT
Bruxelles, le 03.03.2006

J'étais dans ces pages-là

Sans te faire sentir d'aucune manière
Dans des contrées très éloignées de toi
J'ai élevé des fleurs que tu aimes...
Je sais
Je t'ai laissée en tête à tête
Avec des souvenirs inoubliables...
De temps à autre
Tu t'es sentie mal à l'aise
A cause de mes paroles mal digérées...
Tu es restée sans sommeil...
Pendant des jours successifs
Je t'ai traînée vers les matins sans soleil...
J'étais dans ces pages-là.

Je t'ai blessée avec les chansons touchantes que j'aime
Je t'ai touchée avec mes poèmes
A maintes reprises, je t'ai mouillée entièrement
Avec mes sentiments...
J'étais dans ces pages-là...

Je t'ai souvent promenée
Dans les rues les plus fréquentées
D'İstanbul
Avec tes battements de coeur.
Tu as cru me reconnaître moules fois
Derrière les vitres embuées...
J'étais dans ces pages-là.

Le ciel était différent
Les lumières étaient acidulées
Les avenues étaient sans personne
Les rues étaient sans âme
Le jour où je t'ai perdue
Aux arrêts de bus...
J'étais dans ces pages-là.

Je t'ai fait attendre jusqu'aux matins
Dans les rues d'İstanbul...
Je t'ai fait trembler à pleines secousses dans tes rêves
Lors de tes soupirs j'ai lancé tes ombres
Dans les mers
Dans les pages blanches j'ai écrit que je t'aime...
J'ai fait tes dessins
Sur tous les murs de la ville...
J'étais dans ces pages-là.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Francfort, le 05.04.1980
Traduit du turc par Yakup YURT
Bruxelles, le 01.03.2006

LE 1ER MARS

Au 1er mars
Ils ont fêté l'anniversaire
De notre arrachement les uns des autres.
A ce moment-là les eaux étaient troubles
Il y avait des taches noires sur les murs
Et des colères dans les yeux...

Pendant que les eaux coulaient à l'envers
Certains documents importants
Etaient jetés
Dans les vides des tiroirs...

Les tasses de café renversées
Et les jeux de cartes
Etaient restés longtemps
Sur les livres de lois...

Sous un toit artificiel
Trois personnes
Jouant très bien leur rôle
Avaient fait
Une démonstration de force...

Pendant ce temps-là
Un entêtement
Avait fendu les murs,
Et avait ouvert à droite et à gauche
Des fossés irrémédiables

A cet endroit
Où les fenêtres et les rideaux
Etaient devenus inutilisables
Ceux qui voulaient remplir les puits avec de l'eau versée
Etaient devenus en peu de temps
Comme un noeud bien serré.

Au 1er mars
Ils ont fêté l'anniversaire
De notre arrachement les uns des autres.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Magnanville, le 09.02.1999
Traduit par : Yakup YURT

UN MONDE PLEIN A CRAQUER

Plié en deux
Avec le fardeau du passé sur mon dos
En traversant ses chemins
D'où suis-je parti pour arriver où?...

Alors qu'aux vignes de la poésie
Les attentes couvertes de neige
Etaient traitées comme une dentelle
Moi, je ne sais trop comment
J'ai ri aux chagrins!...

Pendant que tournaient autour de moi
Toutes les choses qui m'intriguent
En ce temps-là
Moi, j'ai semé la poésie
Dans les champs de l'amour...

Malgré les scorpions
Les serpents
J'ai eu souvent soif
D'une vie humaine décente...
Et de surmonter les murs
Construits contre nous...

Les fourberies
M'ont marqué très fort...
A chaque fois
Il m'a semblé plus grave
D'être aveugle d'idées
Qu'aveugle de couleurs...

Plié en deux
Avec le fardeau du passé sur mon dos
En traversant ses chemins
D'où suis'je parti pour arriver où?...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Istanbul, le 05.04.2000
Traduit par Yakup YURT

ALLI DONDE BROTAN LAS LISES

Allí donde brotan las lises
Hay también insectos...
Llegado un momento desaparecen
De la memoria...

El mundo está hecho así,
Uno muere,
Otro nace...

Allí donde brotan las lises
Hay también insectos...
Multitud de cosas
Permanecen en las profundidades...
No ven quizá los defectos.
La mayor parte del tiempo
Escritores, dibujantes,
lectores
No descubren la verdad...

Allí donde brotan las lises
Hay también insectos...
El mundo está hecho así,
Uno muere,
Otro nace...

by Uzeyir Lokman CAYCI
Los poemas que publicamos fueron traducidos por Yakup YURT
La traducción, del francés al español,
de estos poemas, es del poeta y narrador Leo Castillo


LAS RAZONES DEL CUERVO

Preguntósele al cuervo:
"¿Cuándo serán las bodas?"
El respondió:
"En la cosecha de la cebada..."
Volviósele a preguntar:
"¿Mientras llega ese momento
Que planeas hacer?"
El replicó:
"Derribar los espantapájaros..."
Rieron
Mientras decían "¿Por qué?"
El cuervo tras una breve reflexión
Dio su respuesta:
"No hay diferencia alguna
Entre cierta gente y los espantapájaros..."

by Uzeyir Lokman CAYCI
Los poemas que publicamos fueron traducidos por Yakup YURT
La traducción, del francés al español,
de estos poemas, es del poeta y narrador Leo Castillo


EL CALLEJON SIN SALIDA DE LA ROSA

Los dolores invadieron tus sueños
Escucha pues al mar
Entre todo lo que ves.
Acuérdate de las regiones azules
Llenas de sol
Mientras las penas allí duermen
La mano en la mano
Las noches traerán pecados
Tus ojos beberán el cielo
No podrás soportar
El susurro de una desaparición
En el callejón sin salida de la Rosa.

Los poemas serán allí silenciosos
Las canciones te harán llorar
Los vasos se quebrarán en tus manos
No podrás pensar
Y entonces...has de saberlo
No podrás verme más
En el callejón sin salida de la Rosa.

by Uzeyir Lokman CAYCI
Los poemas que publicamos fueron traducidos por Yakup YURT
La traducción, del francés al español,
de estos poemas, es del poeta y narrador Leo Castillo


EL ESPEJO

El ser humano se mira a sí mismo
En el espejo...
Se queda al otro lado pensativo
De un momento a otro
Ve figuras deformes
Ve las cosas al revés...

Busca un culpable
Constantemente
Ve los tejidos
En pedazos...

El que es acusado
Es él mismo...
El ser humano cortés
No puede acusar sin conocimiento...

Aunque el ser humano viva en París
O en Konya
Las verdades son invariables
En el universo...

El ser humano se ve a sí mismo
En el espejo...

by Uzeyir Lokman CAYCI
Los poemas que publicamos fueron traducidos por Yakup YURT
La traducción, del francés al español,
de estos poemas, es del poeta y narrador Leo Castillo


LAS REALIDADES QUE SE FORMAN
EN NUESTROS INSTINTOS

He azotado
Tres veces con mis dedos
La puerta cerrada...
He pensado
que está "Ocupado..."
Enseguida
Abotonando mi chaqueta
Entré...
Mi cabeza estaba inclinada
Temía
Miradas malvadas
Se formaban
En mis instintos...
En ese momento
Suavemente
Volví mi cabeza
Hacía la ventana
Que el viento había abierto...
Los papeles
Colocados sobre el escritorio
Se hallaban esparcidos por el suelo
Mi cabeza inclinada
Uno a uno los junté
Con mucha humildad...
Y los deposité
En el escritorio
A la espera de un rugido
O de una mirada hosca
Alegremente
Levanté mi cabeza
Un ancho sofá vacío
Estaba frente a mí...
De esa oficina de alto desempeño
Donde había entrado
Con ceremonia y temor
He salido reculando...
Mientras saludaba al sofá vacío
Aquellos que aguardaban ante la puerta
Unos tras otros
Hicieron tal como yo...
La precariedad de la vida
Se reflejaba
En las ventanas
Que golpeaban a causa del viento...

by Uzeyir Lokman CAYCI
Los poemas que publicamos fueron traducidos por Yakup YURT
La traducción, del francés al español,
de estos poemas, es del poeta y narrador Leo Castillo


LA HUMANIDAD

Desde que las aspiraciones primitivas
Se unieron a la lucha de intereses
No quedan vestigios de la amistad
Amigo mío...

Todas las conductas viles
son la propia altura de individuo...
Los intentos de dañar
Van detrás del bien...
El que lleva sus asuntos egoístamente
No puede hallar amigos
Hermano mío...

Todo está bajo observación aquí abajo
No son los instrumentos
Sino el hombre el que está descompuesto...
Es el día de la diligencia
Tras la amistad...
La maldad no se olvida
Hermano mío...

Ciertas creaturas no son
El muro de las lamentaciones
Se han vuelto allí a llorar...
Las pasiones
Arrastrando al hombre tras ellas
¡no son vacas de amarrar!
Aquel que tiene un ciego por guía
No puede alcanzar su objetivo
Hermano mío...

by Uzeyir Lokman CAYCI
Los poemas que publicamos fueron traducidos por Yakup YURT
La traducción, del francés al español,
de estos poemas, es del poeta y narrador Leo Castillo


LAS NOCHES SIN TI

Yo saboreo mi esclavitud
En las noches
Clavado estoy muy lejos sin ti.

Oculto los azules refrescantes
De mis sueños
Hago fundir el tiempo en mis vasos
Con una canción que llora
Dibujo mis lágrimas
En mis poemas.

Y todas las noches
La gotas de lluvia sueñan conmigo
Para disipar mi sed de ti
Bebo... bebo hasta el infinito.

by Uzeyir Lokman CAYCI
Los poemas que publicamos fueron traducidos por Yakup YURT
La traducción, del francés al español,
de estos poemas, es del poeta y narrador Leo Castillo


LE TRIANGLE DE L'EXISTENCE

Moi et eux
Sommes aux coins
Du triangle de l'existence...
Je suis le plus pauvre
Tout nu...
J'ai pénétré parmi eux
En marchant sur les souffrances.

Les papillons
Se sont amassés autour de moi...
Pour me faire grandir
En se posant sur mes roses...

A ces moments-là
J'ai respiré profondément
En regardant les larmes
Coulant des yeux de l'avenir.

Ils m'ont donné le nom de "nostalgie"
En extirpant de mon essence
Les pensées couleur violette
Pour qu'elles ressemblent à la rose.

Ils ont porté à leur bonheur
Mes petits pas
Mais cela n'a pas suffi
Ils ont été mouillés par mes regards
En tendant leurs lèvres
Vers mes joues.

Ils ont ajouté leurs insomnies
Pour mes faire dire "oh... parents"
En construisant des ponts
Dans leurs coeurs...

Moi et eux
Sommes aux coins
Du triangle de l'existence...
Je suis le plus pauvre
Tout nu...
J'ai pénétré parmi eux
En marchant sur les souffrances.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Paris, le 14.11.2003
Traduit du turc par Yakup YURT

NE TOUCHEZ PAS LES FLEURS
POUR QU'ELLES GRANDISSENT

Qu'elles s'accrochent
Aux fils minces du temps,
Qu'elles connaissent les profondeurs
De la vie...
Qu'elles arrivent
Aux vues poétiques...

D'ailleurs
Les bruits,
Les amas de poussière
Les mettent mal à l'aise...
Et ce ne sont pas là
Leur seul doute...
Elles n'ont pas de quoi résister
Aux insectes agressifs.

Leurs vibrations cachent
Leur identité
Et leurs mouvements
Leur vertu.

L'intuition de leur amitié
Offre des indices...
C'est à leur place
Qu'elles ne sont belle et significatives...
Ce ne sont pas des jouets
Pour les passions.

Ne touchez pas les fleurs
Pour qu'elles grandissent...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Paris, le 08.03.2000
Traduit par Yakup YURT


L'IDEE DE DIRE BONJOUR
NE TRAVERSE PAS LEUR ESPRIT

Si les règles principales
De l'amitié
Fondent,
Les passions s'imposent
Et vous ne pouvez voir l'humanité...

Le racisme devient un canevas
De relations,
Et les coexistences se rident...
L'idée de dire bonjour
Ne traverse pas leur esprit...

Les portes se ferment
La transparence disparaît
A leurs boussoles...

A tous leurs profils
On voit
Les grossièretés...
L'opportunisme
Vient au premier plan...
L'amitié
Et les airs de camaraderie
Restent lointaines...
L'idée de dire bonjour
Ne traverse pas leur esprit...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Magnanville, le 18.05.2000
Traduit par : Yakup YURT


HALİL İBRAHİM GÖCEK

Sa mère :
« Tu es ma fleur » lui disait-elle.
C'est de Yozgat
Qu'il est venu en France...
Il a porté de l'amour et de l'espoir
Dans son coeur
Avec la nostalgie...

Il a été mineur de fond pendant des années
Ila respiré les poussières de charbon
Il a emmené la fatigue à sa maison...
Ses enfants
L'ont attendu
Devant les fenêtres.

A Forbach
Un jour
La mauvaise nouvelle est arrivée à sa maison
Halil Ibrahim GÖCEK
Etait mort en morceaux
Dans la galerie minière...
Les larmes
Se sont jointes aux cris...
L'amour qu'on avait pour lui
Est devenu profond dans les coeurs.

Ses souvenirs
Ont été envoyé par-ci par-là
Sous forme de charbon,
Ils se sont brûlés
Ils sont devenus cendres
Comme lui...

Sa mère :
« Tu es ma fleur » lui disait-elle.
C'est de France
Qu'il est parti pour Yozgat.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Metz - 1996
Traduit par : Yakup YURT


DONNER FORME AUX LENDEMAINS

Ils fondent
Dans le tableau de multiplication
Tout en grandissant
Dans le manque de ressources affectives...

On ne remarque pas
Les différences
Dans les miroirs...
Eux
Ils sont cloués
A la solitude.

On ne remarque pas
Les saisons
Dans leur coeur...
Les années
Pourrissent
Dans leurs yeux
A eux...

La révolte
N'est pas le résultat
Des dernières minutes...
Dans leur alphabet
Il y a passage
A l'injure.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Mantes la Jolie,le 01.01.2000
Traduit par Yakup YURT


ILS ONT OURDI LES FILETS SUR NOUS

Le sentiment de proximité aux souffrances
Dans nos coeurs
Pendant que nous réduisons les dimensions
De l'essence de la lumière
Avec nos yeux
Dans une mêlée focalisée
Eux
Ils ont ourdi les filets sur nous.

En supportant les peines de la vie
Tout en voyant les gens à visages boudeurs
Avec des pensées fatiguées
Tout au long des années
Nous avons écouté les cravaches siffler...

Avec des pensées si bien dissimulées
Eux
N'ont jamais pensé à nous
Et...sans aucune pitié
Ont ourdi les filets sur nous.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traduit par : Yakup YURT


ISTANBUL

Les oiseaux de quai
Me traînent vers les mers
Comme si je courais vers les souffrances
Istanbul se tord de douleurs
Au fur et à mesure que tombent sur moi
Les solitudes sans toi...

Dans cette ville obscure
Avec mon sang coagulé
Je déborde mes rêves
Les rues vides accentuent ton absence
Istanbul t'emmène de ville en ville...

Cette ville si grande se verse dans mes souffrances
Les oiseaux de quai me traînent
A leurs nuits fatiguées
Et là-bas Istanbul fouille de fond en comble
La solitude sans toi.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Aksaray - Istanbul
Traduit par : Yakup YURT


PENDANT QUE LES EAUX
COULENT A L'ENVERS

Remplis...
Remplis à l'envers
Le temps faisant couler les larmes
A tes attentes !
Qui s'en vont
En laissant les roses
Derrière eux ?

Des couleurs multiples disparaissent
Les unes après les autres
Dans ce printemps illimité
Plein de jouissances...

Dans les livres sans titre
Les sujets sont sinistres
Tels les commerçants malhonnêtes,
Les assassins de sentiments,
Les ennemis de l'amour...

Les localités... les villes
les fleuves arrosant les roses
Restent à l'ombre
De l'air pollué...

Remplis...
Remplis à l'envers
Le temps faisant couler les larmes
A tes attentes !

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Mantes la Ville, le 12.10.2000
Traduit par : Yakup YURT


ISTANBUL DE MES REVES

Tes attentes sont gravées dans mes yeux...
Les formes fondent dans mes rêves
Le visage qu'on voit dans tes photos
N'est pas celui de tes sentiments Istanbul...

Vivre séparé n'a pas d'impact sur tes mers
Les attentes sont tendues dans tes paysages
Les pensées ne restent pas sur place
Istanbul se pose comme du plomb sur mes solitudes...

Les poissons blancs vivent dans vivant dans ton passé
Les mouettes flânent dans tes souvenirs
Les amitiés moulues veillent jusqu'aux matins
L'Anatolie se lève de tes horizons Istanbul...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Ankara, le 12.01.1980
Traduit par : Yakup YURT


KAROL ZÜMER

Il y avait des fleurs
Lorsque je l'ai connu
A Magnanville
Rue Graviers...

Dans son office
Il était l'écho des beautés;
Le miroir
Des amitiés...

Aux expositions de peinture
A Lardy
A Elancourt
Unissant son art
Et son talent d'administrateur;
Il avait fusionné
Les gens les uns avec les autres...

Comme le fait d'aller
A son travail
Avec son propre véhicule
Il avait quelques manies.
Mais ses sentiments
Etaient clairs
Et ses attitudes naturelles...

Il était quelqu'un d'exemplaire.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traduit par : Yakup YURT


LA CELLULE

En observant une fin
Des souvenirs pénibles se noueront
Dans tes yeux
Les espoirs resteront suspendus un à un
Tes mains ne pourront atteindre
Mes mains...

Tu subiras des peines infinies
Tes nuits libres seront tissés
Dans tes rêves.
Le plus blanc de tes espoirs s'épuisera
Dans l'obscurité la plus affreuse.
Ces obscurités
Seront cousues dans tes pensées
Dans une cellule éloignée
A des milliers de kilomètres
Et... tes yeux ne pourront atteindre
Mes yeux...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traduit par : Yakup YURT


ROSES BLANCHES

Les chagrins s'accrochent
Aux roses blanches
Dans l'obscurité nocturne
Les eaux s'écoulent avec bruit
Les miroirs se transforment en mer.

Sa couleur s'étend aux coeurs
La terre blanchit à son approche
L'étoile du berger se fragmente
Et les obscurités se taisent.

Je ne peux pas l'arracher de moi
Car elle m'a lié à elle à en mourir
Les eaux s'écoulent avec bruit
Les miroirs se transforment en mer.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traduit par : Yakup YURT


TROISIEME OBSCURITE

Dans la contradiction de la haine
C'était une chaîne
Passée au vide...

Les chiffres
Coloriés
Sont au seuil des préjugés.

Au fur et à mesure
Que les mots devenus tendus
Se sont fait piéger
Les lumières de juillet
Se sont scindées en deux...

L'amitié était si mince
Au début sans salut
Du matin.

Le masque de l'égoïsme
Est tombé
Il est temps d'estimer
La valeur des hypothèses...
Aux champs des intérêts
La moisson de l'avidité
A été enlevée.

On a fait tourner la roue
Contre le froid
Des battements de coeur...
Au matin
De la troisième obscurité
Les vents ont soufflé
A sens unique.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Magnanville, le 05.07.2000
Traduit par Yakup YURT

LE CAMION

Un camion surgi du carrefour
A pris forme sur les murs de Konya...
Ceci est une vue
Comme le temps
Un reflet dans le monde...

Un peu gros
Voire même grossier
Il est entré tel un boué de sauvetage
Dans la mer des peurs...

A cause du bruit
A changé de couleur
Une rose aux essences d'amour...
Sa place était le jardin
Dans le destin du marché
D'un sourire amer parmi les souvenirs.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
2002
Traduit par Yakup YURT


LES REALITES QUI SE FORMENT
DANS NOS INSTINCTS

J'ai tripoté
Trois fois avec mes doigts
La porte fermée...
J'ai pensé
Qu'il « Occupé... »
Ensuite,
En boutonnant ma veste
Je suis entré...
Ma tête était baissée,
Je craignais
De regard méchant
Se formaient
Dans mes instincts...
A ce moment-là,
Tout doucement
J'ai tourné ma tête
Vers la fenêtre
Que le vent avait ouverte...
Les papiers
Posés sur le bureau
S'étaient dispersés par terre...
Ma tête baissée
Un par un, je les ai ramassés
Avec beaucoup d'humilité...
Et je les ai déposés
Sur le bureau...
Dans l'attente d'un grondement
Ou d'un regard rude
Allégrement
J'ai levé ma tête
Un gros fauteuil tout vide
Etait en face de moi...
De ce bureau de haute fonction
Où j'étais entré
Avec cérémonie et crainte
Je suis sorti à reculons
En saluant le fauteuil vide...
Ceux qui attendaient devant la porte
Les uns après les autres
Ont également fait comme moi...
La précarité de la vie
Se reflétait
Dans les fenêtres
Qui cognaient à cause du vent...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traduit par : Yakup YURT


LE PONT

L'enfant d'une obscurité immense
Affamé/ assoiffé
Scrute sur un pont
Le portes qui se forment...

Une foule de gens
Qui se cachent des lendemains
Avec des pensées sans excuses
Enlacés les uns aux autres
Veulent passer...
Devant le soleil...

Lorsqu'il voit la chute
Du haut du pont
Les défaites
De l'enfant d'une obscurité immense
Se transforment en espoirs.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traduit par : Yakup YURT


A PONTE

A criança duma obscuridade imensa
Faminta / sequiosa
Prescruta sobre uma ponte
As portas que se fecham...

Uma multidão de gente
Que se esconde dos dias seguintes
Com pensamentos sem desculpas
Enlaçados uns nos outros
Querem passar
Diante do sol...

Quando vê a queda
Do alto da ponte
As derrotas
Da criança duma obscuridade imensa
Transformam-se em esperanças.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traducido por: Jean-Paul MESTAS


KÖPRÜ

Koskoca
Bir karanlığın çocuğu
Aç/susuz
Bir köprü üzerinde
Kapanan kapıları gözlüyor...

Özürsüz düşüncelerle
Kendilerini
Yarınlardan gizleyen,
Bir kalabalık
Birbirlerine sımsıkı sarılmış
Güneşin önünden
Geçmek istiyorlar...

Koskoca
Bir karanlığın çocuğu
Bir düşüşü görürken
Köprü üzerinden
Yenilgileri
Umutlara dönüşüyor.

Üzeyir Lokman ÇAYCI

A été publié dans :
Yer aldığı yayınlar :

1) 20.01.1978 KELEBEK GAZETESİ (TURQUIE)
2) 31.05.1978 YENİ BOR GAZETESİ (TURQUIE)
3) 00.03.2000 JALONS (FRANCE)
4) 00.08.2000 MARTOBRE (FRANCE)
5) 00.00.2001 UM MUNDO NO CORAÇÃO
UN MONDE AU COEUR (PORTUGAL)


Üzeyir Lokman ÇAYCI nasceu em Bor. Arquitecto de interiores e de concepção industrial.
Poeta, o seu primeiro livro de poemas « A Suspensão das Tardes » foi publicado em 1975, seguido por uma biografia em lingua turca (1989).


CHANGEMENT

Si tu peux pénétrer
Dans leur for intérieur
Sans contaminer autrui
Par leurs sentiments asséchés
A force de tirer avec tes mains
Et sans casser leurs stalactites jaunies
Ni toucher les gouttes de haine
De leurs extrémités
A ce moment-là
Tu changeras.

Si tu peux pénétrer
Dans leur for intérieur
Sans permettre aux pieds
D'écraser leur existence
Sans laisser glisser vers le bas
Leur essence sur la pente
En la mettant bien debout
Par tes regards
A ce moment-là
Tu changeras.

Si tu peux pénétrer
Dans leur for intérieur
En dispersant les confusions
Contenues dans leur cupidité
En étalant devant eux
Leur identité confondante
Sans voyager dans leur passé
Ni t'égarer dans leur incertitude
A ce moment-là
Tu changeras.

Tes sentiments
Sont au dessus du temps
Ne t'inquiète point
De l'incertitude du lendemain
Face aux paysages salis
Pour « leur permettre de se voir »
Renvoie leurs reflets
Sur eux.
Si tu peux pénétrer
Dans leur for intérieur
A ce moment-là
Tu changeras.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Versailles, le 12.12.2002
Traduit du turc par Yakup YURT


REGLEMENT DE COMPTE

Les chiffres écrits
Les uns sur les autres...
A côté d'eux il y a
Des opérations de division
De soustraction,
Et en dessous
La mention "règlement de compte...".

Les traces des mots
Sont grattées
A la gomme...
Les chiffres
Sont noircis...
Quel malheur que chaque mois
Ne dure pas trente-et-un jours...

Les traces cachées
Dans le corps humain...
Les couches colorées
Répercutées dans le tableau...
Il y a des bulles
Au bout de leurs langues.

Des pages vides
Jetées sur le côté...
Des comptes faits
Durant des jours
Pour des intérêts...
Etages inférieurs
Etages supérieurs...
Au tableau de multiplication
Il y a des mots qui font pleurer...

L'inflation ;
L'impuissance de l'homme malade...
La cherté de la vie ;
Riches incapables de gérer...
Ils ont des bank-notes en mains
Dans les poches des autres
Il y a des pièces de monnaie...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Traduit par Yakup YURT


THE WORM'S IN THE APPLE

The worm's in the apple
Nibbling away at its juicy white
To discover its way
To Life's core.
As it wiggles around
In its obscurity
Like a new-born,
It sucks on Nature's
Salty juice.
In the magma of its own low-life
Lava overflows
Its egoism ...
It falls asleep... It wakes up
Nothing's changed
It sticks, with the taste of it,
In Time's core.
It weaves its mask, a spinning web,
And all the furrows it's hollowed out
Wear it out...
It plays its sinuous games
In its one black eye...
As it winds it way all around
The Apple Green...
It sounds out the sun it sets
While it hides itself away...
Its essence is putrefied
By its stomach
Full of seeds, ashes to ashes,
Walls it's built alone
Their stones must crumble one by one
Into dust...
Until at last, at last
It's found out.

© Üzeyir Lokman ÇAYCI
Magnanville - 26.05.2000
Traduit par Yakup YURT en français
French free verse translated into English free verse
by Richard Vallance , 2002


ETRE SAUVE

Quand on a dit à son sujet qu'il était "sauvé..."
Il venait d'avoir un enfant.

Son voisin avec qui il était en mauvais terme
Est mort en tombant de l'escalier...
Ses voisins ont témoigné contre lui
Il a été jugé et condamné à une peine de prison
Des années après et totalement épuisé
Il est sorti de la prison.
Ses voisins qui avaient témoigné contre lui
Ont dit à son sujet qu'il était "sauvé...".

Après un certain temps
Il n'a pas pu porter le fardeau de la vie.
Il respirait difficilement les chagrins.
Finalement, il a été hospitalisé.
Les médecins et les soignants
A son chevet
Lui ont témoigné pas mal d'intérêt
Pour qu'il puisse supporter
Les crises de l'avenir...
Quand on a dit de lui qu'il était "sauvé..."
Il avait quitté l'hôpital.

La chaîne d'indifférences
Qui l'a poursuivi jusqu'à ses petits enfants,
Aidée par les souffrances,
L'avait plié en deux.
Un jour :
A un moment où il vivait seul
Dans sa maison
Il s'est effondré sur place
Et il y est resté...
Quand on a dit de lui qu'il était "sauvé..."
Il était mort!...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Paris, le 09.09.1999
Traduit par : Yakup YURT

MOI, JE CHERCHE
MES ANNEES PERDUES

Quelle importance ont,
Ma chemise bleue de travail
Déchirée,
Mon pantalon
Et mes chaussures usées?
Moi, je cherche
Mes années perdues.

Quelle importance ont,
Mes lettres ouvertes,
Mon exclusion,
Mes droits confisqués?
Moi, je cherche
Mes années perdues.

Quelle importance a,
L'amitié, la fraternité,
Le travail collectif?
Moi, je cherche
Mes années perdues.

Quelle importance ont,
Mes labeurs volés,
La sueur de mon front,
Mes efforts considérés comme nuls?
Moi, je cherche
Mes années perdues.

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Paris, le 2000
Traduit par : Yakup YURT


Siz benim geride bıraktığım yollardasınız
Ters çevirdiğim meydanlardasınız...

Elden ele verin yarınları
Düşürmeyin ayak altlarına
Onarın eskiyen yanlarını
Şimdiden yıpranmasınlar.

Güçsüzler korkmasınlar
Masumlar utanmasınlar!

Siz benim geride bıraktığım yollardasınız
Ters çevirdiğim meydanlardasınız...

Güneş parmaklıklar arasında yorgun
Söz taşıyor sızarak karanlıklara
Doğum sancılarından sonra doğa
Gün yüzüne çıkarak
Hasretleri, özlemleri yakıyor...

Siz benim geride bıraktığım yollardasınız
Ters çevirdiğim meydanlardasınız...

Sataştığınız yürekler lekesiz
Kabul etmediğiniz düşünceler berrak
Tanımadığınız emekler değerli
Ulaşamadığınız yörelere güzellikler yağıyor
Siz kendi içinizde yalnızsınız!

Pencereleriniz perdeli
Kapılarınız kapalı
Sözleriniz kaybolan kişiliğinizin kıskacında
Gizlenmeye çalıştığınız görüntüler arkasında
Sırıtıyor kimliğiniz...

Siz benim geride bıraktığım yollardasınız
Ters çevirdiğim meydanlardasınız...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Paris, 21.11.2006

Vous êtes sur les chemins que j'ai laissés derrière moi
Et dans les lieux que j'ai refusés...

Donner de main en main les lendemains
Ne les faites pas tomber sous les pieds
Restaurer les en leur endroit vieilli
Qu'ils ne s'abîment pas des à présent.

Que les faibles n'aient pas peur
Et les innocents n'aient pas honte!

Vous êtes sur les chemins que j'ai laissés derrière moi
Et dans les lieux que j'ai refusés...

Le soleil est fatigué entre les barreaux
Il transporte la parole à l'obscurité en s'y infiltrant
Après les douleurs de l'accouchement la nature sort au grand jour
Brûlant la nostalgie et les grandes envies...

Vous êtes sur les chemins que j'ai laissés derrière moi
Et dans les lieux que j'ai refusés...

Les coeurs que vous importunez sont purs
Les idées que vous n'acceptez pas sont claires
Les labeurs que vous ne connaissez pas sont précieux

La beauté pleut sur les contrées que vous ne pouvez atteindre
Vous êtes seul à l'intérieur de vous!

Vos fenêtres sont couvertes de rideaux
Vos portes sont fermées
Vos paroles sont sur les tenailles de votre personnalité qui disparaît
Derrières les images que vous essayer de cacher ricane votre identité...

Vous êtes sur les chemins que j'ai laissés derrière moi
Et dans les lieux que j'ai refusés...

Üzeyir Lokman ÇAYCI
Paris, le 21.11.2006
Traduit par : Tarık Karaduman